Roman
de Khaled Osman
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"Cette
révélation l’avait entièrement déboussolé. Il avait regagné
précipitamment sa chambre où il avait perdu du temps à tourner en rond,
sondant désespérément sa mémoire à la recherche d’un indice quelconque.
Complètement affolé, il regardait autour de lui, jetait des coups d’œil
dans la rue. A plusieurs reprises, il avait fouillé dans les poches de
son pantalon, cherchant avec fébrilité le moindre papier qui pourrait
lui servir d’indice, mais il n’y avait rien d’autre que les quelques
billets froissés". Ce texte est extrait du premier roman de Khaled Osman, traducteur
d’œuvres de fictions d’auteurs arabes célèbres tels que Naguib Mahfouz,
Gamal Ghitany, Sahar Khalifa et bien d’autres.
[...] Raconté à la troisième personne, Le Caire à corps perdu
promène les lecteurs/trices sur une échelle de temps qui oscille entre
le présent d’énonciation [...] et le passé qui renvoie à deux
périodes, l'une lointaine - son enfance, lorsqu'il vivait encore au
Caire, ou son adolescence, notamment lors de ses retours sporadiques
dans sa ville natale -, l'autre proche - sa vie d’adulte en Europe où il a exilé depuis de très nombreuses années.
Structuré en trois parties suivant un schéma chronologique, le récit
est agrémenté de poèmes dont la fonction est de deux ordres: d’une
part, révéler le protagoniste dans sa sensibilité, son humanité et sa
singularité, d’autre part, procurer du plaisir en créant une ambiance
poétique qui suscite le rêve et l’évasion. Cette approche permet de
tisser une complicité entre les lecteurs/trices et le personnage
principal qui, dès son arrivée au Caire après sept années d’absence,
est frappé de manière tout à fait imprévue d’une amnésie partielle
[...] Cet événement inopiné agit sur le protagoniste comme un
détonateur qui va l’immerger dans les dédales de sa mémoire et dans les
affres de l’exil et du "déracinement". Il va assister malgré lui au
déferlement de souvenirs, de mots, de phrases, d’images dont le rôle
explicite est de le révéler aux lecteurs/trices et de mettre à nu ses
sentiments et ses peurs les plus archaïques.
Et voilà Nassi - "L’oublieux" - en compagnie d’âmes
généreuses, un groupe d’hommes et de femmes, vivant dans la pension de
Sett Baheyya, reconstituant son puzzle identitaire, pièce par pièce, en
parcourant les ruelles du Caire pour retrouver des éléments
identitaires et autres qui ont déserté sa mémoire.
Au fur et à mesure que l'intrigue avance, les lecteurs/trices suivent
l’action du protagoniste tout au long de son périple mémoriel, qui
prend l’allure d’une quête existentielle à la recherche d’une partie de
soi en plein cœur du Caire, Oum el-Dounia - la "Mère du monde". Ce vaste espace "bouillonnant", ce
"joyeux chaos" qui se métamorphose au fil des années émerge dans le
corps du récit comme un personnage à part entière. Le choix de
la plupart des mots et expressions pour caractériser cette ville qui
prend l’allure d’une jungle urbaine laisse transparaître l’idée de
mouvement, d’énergie, de vitesse et de changement dans ses aspects
aussi bien positifs que négatifs. C’est ainsi que ce lieu du
commencement et de l’aboutissement revêt, à travers les descriptions de
l’auteur, une dimension essentiellement antagonique. Tantôt belle,
tendre, généreuse, humaine, solidaire, libératrice. Tantôt cruelle,
maltraitante, autoritaire, policière, broyeuse. Et si le Caire est
représenté comme ville lumière, ville savoir, ville séduction, ville
rédemption, il est en contrepartie décrit comme une ville chaotique,
désarticulée, tentaculaire, paranoïaque, anthropophage. Ainsi, cette
terre natale que Nassi s’évertue à se réapproprier tant bien que mal se
présente, sous la plume de l’auteur, comme une immense terre qui attire
et avale, aguiche et rejette, séduit et expulse ses "enfants" : hommes
et femmes, enfants et adultes.
Tout au long de cette recherche de soi, au coeur de cette "énigme de la
confusion des temps entre enfance et âge adulte" dont souffre Nassi, [...]l'auteur
ose une incursion dans l’intériorité de son personnage principal, une
introspection qui confère au récit davantage de profondeur. Par
ailleurs, il se dégage de la description du protagoniste une dimension
essentiellement émouvante qui suscite la sympathie des lecteurs/trices.
Ceux-ci sont entraînés dans un flux émotionnel qui les incite à
éprouver un sentiment de complicité et d’attachement à cet homme féru
de poésie qui s’investit corps et âme dans le processus d’élucidation
du mystère de son amnésie.
D’événement en
événement, de découverte en découverte, de questionnement en
questionnement, de surprise en surprise, de révélation en révélation,
les lecteurs/trices vibrent au rythme de cette histoire livrée bribe
par bribe telle une intrigue policière. Et au cœur de ce récit
qui interroge le rapport à l’exil ainsi que les liens d’appartenance
personnelle, subjective au pays natal, le protagoniste, Nassi, dont le
prénom d’adoption revêt une dimension emblématique dans le sens où il
résume sa situation et renvoie à sa problématique, joue deux rôles
[...]:
- Il est cet "être de papier". Imaginé. Imaginaire. Conçu par l’auteur
comme le personnage principal qui, au fur et à mesure, devient sous
l’œil intéressé des lecteurs/trices un être réel qui pense et agit de
manière émouvante et attachante au cœur d’une intrigue qui, par
certains aspects, prend l’allure d’un portait psychologique. C’est
alors qu’il émerge comme l’acteur-symbole par lequel l’histoire prend
corps, se développe et se dénoue. Nassi devient ainsi un tisseur de
liens entre les lecteurs/trices et les personnages secondaires dont la
générosité, l’entraide et le partage ont une fonction essentiellement
structurante tout au long de son examen identitaire. Par ailleurs,
Nassi endosse le rôle de "guide" proposant aux lecteurs/ trices une
promenade à travers les ruelles contrastées du Caire.
- Nassi est l’objet d’une histoire personnelle et éminemment subjective
qui met en lumière l’existence d’un sentiment de mal-être et de
décalage. D’une part, dans la société d’accueil caractérisée par
"l’individualisme forcené, les agendas planifiés, la vie réglée au
millimètre...". Et d’autre part, dans le pays natal, ce lieu de "la
simplicité, de l’imprévoyance et du fatalisme", où après sept années
d’absence, il prend conscience de la nécessité de s’accepter et de
renouer avec les siens. Ainsi, en se détachant du lieu où il a vécu de
longues années, Nassi opère un rattachement à "l’objet perdu", en
l’occurrence sa ville natale et le capital de souvenirs et de valeurs
humaines qu’il s’évertue à se réapproprier physiquement et mentalement.
Le Caire à corps perdu
est un roman intimiste dont l’écriture alerte, tendre, colorée invite à
suivre le cours d’une introspection qui met en perspective le récit
de la quête existentielle d’un exilé. L'élucidation et
le dénouement de cette quête s’opèrent dans la douleur et la prise de conscience de
la nécessité de s’accepter afin de se réapproprier son passé pour faire
émerger la partie de SOI refoulée dans un inconscient personnel qui,
peu à peu, s’ouvre sur le collectif et ainsi sur les "autrui
significatifs" : "S'il consentait
enfin à s’accepter et à prendre la réalité comme elle venait, son mal
refluerait de lui-même et il parviendrait à se réapproprier son passé
ainsi que tous les noms qui le balisaient.", écrit Khaled Osman dans le
corps du roman (p. 251).
Nadia AGSOUS, LA CAUSE LITTERAIRE, 21 mars 2012
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Prémonitoire
Khaled Osman est connu pour sa remarquable traduction du Livre des illuminations
de Gamal Ghitany (Seuil, 2005) ainsi que deux romans de Naguib Mahfouz
[...]. Il vole désormais de ses propres ailes avec ce premier roman qui
suit le retour au pays d'un vieil homme après une décennie passé à
l'étranger.
Il est tout de suite interpellé par la police qui s'inquiète. Un choc
lui fait perdre la mémoire, partiellement. Il se retrouve alité dans
une pension de famille. Avec seule la poésie comme compagne. Car son
identité est aux abonnés absents. Entouré par la patronne de
l'établissement il tente de recouvrer sa personnalité. Mais plus il
enquête plus le mystère demeure. [...]
Plongée dans l'Egypte moderne, ce roman est effrayant. Il dépeint Le Caire comme une terrible machine à broyer les hommes. Une ville étouffante. Mais aussi très attachante [...]
Prémonitoire, ce roman écrit un an avant la révolution de janvier 2011, donne les clés pour mieux comprendre ce qui s'est passé en Egypte. Et ce qui attend les égyptiens si rien ne change...
La rédaction, LELITTERAIRE.COM, 14 octobre 2011
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Le pays de Nassi
Dans un premier roman très original, Le Caire à corps perdu , Khaled
Osman donne un tableau de l’Égypte tout en pleins et en déliés et fait
le portrait en creux d’un homme qui s’est perdu de vue.
À
l’aéroport égyptien où il vient d’arriver, un homme craint le passage à
la douane. Non pas qu’il ait quelque chose à se reprocher, mais il n’a
jamais aimé les formalités, et, ici, tout est possible... Il n’a
prévenu personne pour ce voyage au pays des origines. Il veut reprendre
le contact à son rythme et à sa façon [...]
Khaled Osman ouvre ce roman sur un double paradoxe. Le taxi a bien mené le protagoniste principal où celui-ci voulait aller, mais l’homme, frappé d’amnésie, l’ignore. Il
est là où il voulait être, mais il ne le sait pas. Et lui qui, une
heure plus tôt, avait peur que son pays se dérobe à lui, c’est sa
mémoire qui le fuit.
L’homme sans papiers ni mémoire est accueilli à bras ouverts par Sett
Baheyya, la patronne, et par ses pensionnaires. Ils ont tôt fait de le
baptiser Nassi, celui qui oublie. Avec Faouzi, l’éternel étudiant en
médecine, et un petit monde d’autres personnages plus attachants les
uns que les autres, Nassi va essayer de revenir à lui en renouant avec
l’Égypte.
L'Oublieux se souvient en
réalité de beaucoup de choses, et c’est une des forces de ce livre qui
brasse des thèmes existentiels dans une langue très belle. Très
naturellement, ce qui va l’aider en premier lieu, ce sont des bribes de
poèmes, des extraits de romans, des intrigues de films. Ces références
précisent bien sûr les goûts esthétiques du narrateur, mais pas
seulement – heureusement, car le risque aurait été grand, sinon, de ne
donner à l’arrivée qu’une sorte d'anthologie romancée. Non, elles
jouent bel et bien un rôle actif, au sens où elles font progresser
l’intrigue, tout en la nimbant d’un charme singulier. Telles des
tessères qui, mises bout à bout, sont signe ou symbole, tous les
fragments ramenés au jour le font avancer dans sa quête pour cerner son
identité. C'est particulièrement le cas du poème qui ouvre le roman et
le referme [...]
Arpentant le Caire en tous sens, l’auteur déploie pour nous une sorte
de géographie sentimentale (mais ne l’est-elle pas toujours ?). Nassi
arrive enfin devant la maison de son enfance. La route est défigurée
par un pont, la porte est barricadée, les fenêtres, aveugles, mais ses
pieds l’ont mené plus sûrement que ses yeux au balcon de ses premiers
émois. Il tient enfin un élément concret : une adresse. L’enquête à
l’état civil ne menant à rien, il se décide à consulter un homme de
l’art, pour essayer de déterminer au moins l’année de sa naissance
[...] et l’anamnèse singulière qui s’ensuivra sera l’occasion
d’interroger la mémoire de Nassi selon un axe encore différent, celui
de l’histoire de la deuxième moitié du vingtième siècle. Dans
un va et vient perpétuel entre géographie commune et géographie intime,
culture générale et bibliothèque personnelle, grande et petite histoire
: c’est ainsi que les hommes se construisent.
Au cœur de ce Caire à corps perdu, Nassi se souvient d’un film de Mahmoud Ben Mahmoud, Traversées, où deux hommes prennent la malle à Ostende. Refoulés à Douvres, ils repartent pour la Belgique, où ils sont aussi déclarés persona non grata.
Ces deux êtres ballottés entre deux pays, voyageurs sans droit de cité,
sont des prisonniers du passage. Ni d’ici, ni de là, d’où sont-ils ?
C’est un des fils que tire ce livre sur l’exil autant que sur
l'identité, la mémoire et la confusion des espaces et des temps. [...]
Hasard des calendriers... Ce livre n’est-il pas paru trop tôt? L’auteur
n’aurait-il pas été tenté d’y ajouter un chapitre s’il avait assisté au
printemps arabe avant que son éditeur ne mette sous presse? L’Égypte
dont il nous parle est-elle la même que celle dont le cœur palpite,
plus libre, aujourd’hui? Oui, assurément. Car
s’il y a de la politique dans ce roman, il montre surtout les liens
sensuels, charnels et poétiques qui unissent le personnage à la ville
et à ses habitants.
On doit à Khaled Osman la traduction en français de plusieurs romans de
Naguib Mahfouz et d’une grande partie de l’œuvre de Gamal Ghitany, dont
Le Livre des illuminations, salué par la critique comme son chef-d’œuvre, et, tout récemment, Muses et égéries. Homme
d’ici et de là, il a tissé son premier roman avec ceux qu’il a lus et
même traduits, montrant que la littérature, comme la vie, est un grand
et beau palimpseste. Avec ce voyage au pays de Nassi, il nous fait
explorer un peu plus celui de qui nous sommes.
Emmanuèle SANDRON, JOURNAL DU MEDECIN (BRUXELLES), 16 septembre 2011
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Premier roman
"Quelques années plus tôt, un incident minuscule avait brièvement traversé le cours de son existence." Ainsi débute Le Caire à corps perdu, premier roman de Khaled Osman, par ailleurs traducteur de Naguib Mafouz et de Gamal Ghitany...
Cet
incident – un oubli de quelques strophes d’un poème – marque chez
notre protagoniste sans nom, le début d’une phase de questionnement,
qui aboutit à son retour en Egypte, son pays natal, après quelques
années passées en Europe.
A
peine arrivé au Caire, le héros, pris d’un malaise, est recueilli dans
une pension, où il se réveille amnésique. La patronne de la pension
l’accueille à bras ouverts, dans une ambiance chaleureuse et
conviviale. Surnommé Nassi ("L'Oublieux"), il va partir en quête
de son identité, avec l’aide des autres pensionnaires, qui sont des
personnages hauts en couleurs et attachants : la patronne, Sett Baheya
généreuse et pleine d’humanité, bien qu’elle ait traversé des épreuves
tragiques ; Selim ; Faouzi, l’étudiant bavard et oisif, etc...
Au
fil des promenades et des recherches de Nassi dans le Caire le lecteur
découvre les transformations politiques et sociales survenues depuis le
départ du héros, le bouillonnement de la cité, le poids de la
religion, la corruption de l’administration, les protestations
étudiantes, sur fond de crise économique. Nassi est resté très
attaché à cette ville et à ses habitants. Il la décrit ainsi, "une
ville de chair et de sang, parcourue par un trafic émotionnel intense,
avec ses odeurs et ses relents, ses bruits et ses silences..."
Le roman est construit comme un roman policier: un incident
mineur déclencheur, un passage au poste de police devant le capitaine
Mounir, qui augure mal de la suite du séjour. En effet, parallèlement à
la quête d’identité de Nassi, se déroule, à cause du pseudo flair du
capitaine, une enquête policière dont notre héros est l’objet. Occasion
pour l’auteur d’éreinter un régime politique paranoïaque et tout son
appareil sécuritaire : tous les policiers sont réquisitionnés à la
recherche de ce terroriste. L’enquête s’achèvera aussi absurdement
qu’elle a commencé. Nassi, tout à la poursuite de son identité, n’en
saura rien, et, après quelques déceptions, sa propre enquête va
connaître un rebondissement inattendu[...]
Ce roman d’errance et de quête est aussi une interrogation sur la signification de l’amnésie, ou plutôt celle de la mémoire. S’y
mêlent également le questionnement sur l’identité, l’exil,
l’attachement au pays natal, l’importance de la culture et de la langue
dans la construction identitaire d’un individu, les choix individuels de vie. C’est également une belle métaphore sur la littérature, dont la mémoire est plus forte que celle de la vie. L’amnésie est comme une page blanche sur laquelle le héros réécrit sa vie. Le style est alerte, le roman est empreint d’humour et de tendresse, la tonalité est joyeuse. Un beau roman!
Vincente CLERGEAU, CULTURES SUD, 29 septembre 2011
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Ecrivain
et traducteur, pour l'amour du livre
Artisan de l'ombre précieux,
il arrive au traducteur de se passionner pour une oeuvre au point de
constituer avec l'auteur un tandem très complice. [Présentation
de sept tandems traducteur/écrivain]
[...]
Khaled Osman et Gamal Ghitany
Il faut quelquefois savoir
prendre les devants. En 1984, Khaled Osman se lance dans la traduction
en envoyant à Sindbad par la poste deux chapitres traduits du Voleur
et les chiens d'un certain Naguib Mahfouz. Plus tard, il force la
porte des maisons d'édition pour «vendre» Le Livre des illuminations,
d'un autre auteur Cairote, Gamal Ghitany (Seuil, 2005): «Une sorte d'ovni
de près de mille pages, pour lequel il a fallu batailler ferme. Ces
démarches de "comploteurs" nous ont beaucoup rapprochés.»
En France ou en Egypte, les deux hommes se rencontrent, discutent de
termes, employés par le seul Ghitany, éclaircissent des passages sur
la mystique soufie. Une chaleureuse complicité que Khaled Osman a tenu
à saluer [en faisant intervenir les Illuminations dans l'intrigue
de] son premier roman, Le Caire à corps perdu (Vents d'ailleurs),
publié à la rentrée. Eh oui, à force de travailler les mots des autres,
Khaled Osman, comme nombre de ses collègues, a succombé à la tentation...
Marianne PAYOT, L'EXPRESS,
15 juillet 2011
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