Un chien de rue bien entraîné
roman de Muhammad Aladdin
traduit de
l'arabe (Egypte) par Khaled
Osman
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Un jeune égyptien rêve de devenir écrivain. Pour
l'instant,alors qu 'il vient de se faire Névine dans
une voiture sur le périph du Caire, il écrit dix
textes pornos par jour pour un site spécialisé. On est
loin du Goncourt...
Allez soyons franc, ce n'est pas le roman de la
décennie. Les amateurs de porno retrouveront des noms
évocateurs qui ont dû bercer leurs phantasmes, mais
après, l'histoire est un patchwork de situations
mêlant différents protagonistes, tous au bord de
quelque-chose mais pas de la normalité.
Mais pour moi, ce livre a un intérêt majeur. On est en
Égypte, de nos jours, et on suit une jeunesse qui vit,
loin des mosquées et de la foi. Je ne porte aucun
jugement sur la religion mais rares sont les livres de
pays arabes où l'importance de la religion, sa place
dans le récit, n'est pas primordiale.
Ici, rien de tout ça, et moi, ça m'a fait du
bien de m'évader en Égypte sans le poids religieux.
Bon, pour le reste, le nom d'Aria Giovanni me disait
quelque-chose...
Lecture de Gonewiththegreen sur le site Babelio,
décembre 2024
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Né au Caire en 1979, Muhammad Aladdin est l'auteur
de quatre recueils de nouvelles et de six romans.
Pour la première fois traduit en français avec Un
chien de rue bien entraîné (Actes Sud), sa
liberté de ton et sa crudité peuvent surprendre dans
le sens où il s'agit des moeurs d'une nouvelle
génération égyptienne, évoquées en absence de tout
tabou concernant le sexe et la drogue. Ahmad, le
narrateur, est un jeune homme orphelin qui vivote en
écrivant de petites histoires érotiques (pour ne pas
dire pornographiques) destinées à un site internet
étranger.
Autour de lui, gravitent des personnages tels que le
Loule, Abdallah (consommateur de stupéfiants) et
Nivine, sa maîtresse épisodique, mariée à un homme
passant son temps dans les pays du Golfe, et
pratiquante convaincue de l'amour libre.
Paru en 2014 en Égypte, le livre décrit de manière
saisissante un pays rongé par l'hypocrisie, la
violence et le chômage. À de nombreuses reprises,
l'auteur s'adresse au lecteur en le tutoyant, le
rendant témoin de scènes parfois lestes et de
commentaires sociaux peu orthodoxes. Le style n'est
pas désagréable mais la narration erratique parvient
difficilement à nous passionner envers des
personnages trop peu approfondis.
Bizarrement, le roman s'emballe sur la fin, dans un
rythme de thriller et se clôt brutalement. D'où un
sentiment global qui demeure vraiment mitigé.
Lecture de Traversay sur le site Cinéphile
m'était conté, juin 2022
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